Appel à la résistance, contre le pouvoir de l’argent


Nous le savons tous et toutes: C’EST LE POUVOIR DE L’ARGENT, DE CEUX QUI LE DÉTIENNE, QUI DÉTERMINE LES CHOIX POLITIQUES, à moins…que les citoyens et les citoyennes ne s’en mêlent directement. Tout le processus d’adoption du projet NORDELEC a transpiré du pouvoir de l’argent. Et l’exercice de ce pouvoir de l’argent a des conséquences directes sur la qualité de vie urbaine dans notre quartier.


Blocage politique total

Nous pouvons le lire dans les objectifs des principaux documents de la Ville de Montréal: la croissance économique maximum est le moyen principal pour, dit-on, améliorer la vie urbaine. Afin poursuivre ses objectifs de croissance économique, la Ville est prête à accepter n’importe lequel projet immobilier.

Le zonage, c’est le seul outil réglementaire de négociation que possède l’arrondissement. Malgré 40 mémoires lors des consultations demandant des améliorations, nos représentantEs politiques les ont toutes refusé.

Le 27 avril 2007, le comité exécutif a fait adopter le projet Nordelec par le conseil de Ville sans aucune modification qui aurait pu déplaire au promoteur et sans aucune des revendications populaires.

Propagande avec les fonds public pour nous convaincre

Les éluEs locaux ont refusé d’organiser une assemblée publique pour expliquer leurs choix. La mairesse Jacqueline Montpetit a plutôt fait distribuer un dépliant couleur dans toutes les portes du quartier Pointe-Saint-Charles, pour vanter le projet Nordelec et ce avec les fonds publics.

L’hymne à la puissance de l’argent que représente le Nordelec conduira à la dégradation de la vie urbaine par l’augmentation de la pollution et des tensions sociales et de l’insécurité, de la circulation automobile, de la spéculation immobilière, de la baisse de la convivialité.

Nous refusons de faire les frais de cette guerre pour le profit maximum. Nous résisterons.

La nécessité de la résistance

Nous ne baisserons pas les bras face à ce grand propriétaire capitaliste et face aux élites administratives et politiques qui ont imposé leurs intérêts.

La résistance, c’est la dignité citoyenne. Il ne faut pas craindre de l’exprimer, lorsque les dés sont pipés.

Entrer en résistance

Notre résistance et notre refus c’est de ne pas nous laisser imposer un projet inacceptable.

Nous allons informer le plus largement possible afin de contrer la propagande du promoteur et des élites politiques. Nous allons également tenter de faire ressortir les intérêts économiques et politiques qui sont en jeu afin de susciter la réflexion quant aux véritables dangers que constitue ce projet Nordelec pour le présent et l’avenir de la communauté de Pointe-Saint-Charles.

Enfin, nous allons utiliser différents moyens pour rendre cette résistance publique et visible.

Nous invitons toutes celles et tous ceux qui pensent que notre quartier n’appartient pas aux puissances de l’argent, à participer à cette résistance, à ce refus du projet Nordelec.

Comité de résistance au Nordelec (CRAN)

Pour mener à bien cette résistance Nous nous regroupons dans un comité de résistance au Nordelec. Ce comité d’action interviendra sur la place publique de différentes façons sur quelques enjeux importants qui font partis du projet Nordelec. Ce comité de résistance est un comité autonome, c’est-à-dire entièrement autogéré par ses participantEs.

La seule bataille perdue est celle qu’on ne mène pas. (Les mères de la Place de Mai, Argentine)



Comment se fera sentir le pouvoir de l’argent à travers le Nordelec

1. Il se fait sentir par la densité du projet.

Comme tous les promoteurs immobiliers, la recherche maximale du profit est la raison première de faire des projets. C’est d’ailleurs pour cette raison que Loto-Québec a abandonné son projet dans le quartier Pointe Saint-Charles en 2006. Sans casino, il n’y avait pas de rentabilité possible.

Donc, sur un même emplacement, il faut construire le maximum de logements. Certaines contraintes existent comme par exemple le zonage. Le zonage permettait un maximum de 6 étages. Le promoteur a obtenu 8 étages.

En conséquence:

Cela envoie un signal significatif aux autres promoteurs, leur disant qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent et que l’arrondissement va les appuyer.

Une densité d’habitation semblable à celle du centre-ville, qui provoque une rupture dans l’histoire du quartier. Cela pourrait augmenter les tensions sociales. Plus il y de gens sur un territoire restreint plus les tensions sociales risquent de s’envenimer lorsqu’il n’y a pas de contrepartie pour diminuer ces tensions.

Quelques exemples qui pourraient minimiser les tensions possibles:

• Augmentation substantielle des espaces verts.

• Architecture qui favorise la convivialité (contacts entre voisins, espaces collectifs, services collectifs, ouverture sur le quartier d’accueil, etc.).

• Un environnement plus sécuritaire, tel la diminution substantielle du nombre de voitures dans l’environnement immédiat, des rues aménagées principalement pour les piétons et les cyclistes.

• Augmentation des services publics de qualité (clinique médicale, transport collectif, etc.).

2. Le pouvoir de l’argent se fait sentir par la construction de petits logements privés.

La construction de petits logements, essentiellement des 3½ et des 4½, correspond simplement à la clientèle disponible sur le marché. Plus les logements sont petits, plus on peut en construire sur le même espace et plus la marge de profit est grande.

Ainsi, l’absence remarquée de logements familiaux (3 chambres ou plus) dans un tel projet, est une rupture avec l’équilibre que doit rechercher une communauté de vie comme Pointe-Saint-Charles pour assurer son dynamisme d’un point de vue social, et culturel entre autre.

En conséquence:

• Les familles avec enfants ne viennent pas dans un tel projet et vont ailleurs (en banlieue notamment), ce qui d’ailleurs est en contradiction flagrante avec un des objectifs de la Ville qui est de retenir les jeunes familles à Montréal.

• Faible mixité sociale par rapport à la réalité actuelle de Pointe-Saint-Charles, ce qui favorise la ghettoïsation sociale dans un même secteur.

• Des logements privés assez dispendieux qui éliminent tous les ménages dont les revenus sont de moins de 40 000$ annuellement.

• Ainsi, l’application d’une politique municipale du logement qui ne favorise pas la lutte à la pauvreté.

3. Le pouvoir de l’argent se fait sentir par l’absence presque totale de mixité sociale et de contribution à la lutte à la pauvreté dans notre communauté.

Bien que ce soit loin d’être parfait, la mixité sociale du quartier Pointe-Saint-Charles est une réalité qu’on peut observer. Le projet Nordelec, de par le prix des condos et de la grandeur des logements proposés, contribuera à créer un secteur particulièrement homogène en terme de richesse des futurs résidents des ilôts A et B du projet.

Aucune forme de mixité sociale n’est prévue dans ces 2 ilôts, ce qui contribuera à diverses formes de ghettoïsation, terme que les promoteurs, les élites politiques et les médias réservent aux moins fortunés de nos concitoyens-nes.

4. Le pouvoir de l’argent se fait sentir par l’absence totale de nouveaux espaces verts publics et de places publiques.

Le projet qui ne prévoit qu’un parc privé au milieu de l’îlot B de 675 logements.

Le quartier dont la moyenne d’espaces verts est de 1.42 hectare pour 1 000 habitants est sous la moyenne de la Ville (2.75 hectares pour 1 000 habitants) et la moyenne des grandes villes américaines (3.2 hectares pour 1 000 habitants). En fait notre quartier est plutôt considéré comme un “îlot de chaleur”, c’est-à-dire que les résidentEs sont plus affectées qu’ailleurs lorsqu’il y a des canicules, des périodes smog et autres polluants qui circulent dans l’air.

Ainsi, aucun nouvel espace vert public ne sera ajouter avec ce projet de 1 200 nouveaux logements et 2 500 nouveaux résidentEs,

En conséquence:

• Ce parc privé ne profitera pas aux autres résidentEs du quartier qui se sentiront “gênés” de pénétrer dans un espace qui aura l’air de la cour intérieure des logements.

• Ce parc privé sera perçu comme un privilège en faveur d’un groupe de nouveaux résidentEs par les autres résidentEs du quartier.

• Le parc privé dans les grands projets d’habitation est un concept très utilisé aux Etats-Unis sur le motif de la sécurité urbaine. Il envoi le message que les parcs publics sont non sécuritaires puisque fréquentés par tout le monde. Ces parcs privés favorisent la fragmentation des populations et la ghettoïsation sur un territoire.

• Le ratio d’espaces verts publics continuera à diminuer dans notre quartier, augmentant ainsi les risques de tensions sociales et la dégradation de l’espace urbain collectif.

5. Le pouvoir de l’argent se fait sentir par 1 500 places de stationnement dans le projet.

La circulation automobile contribue le plus fortement à la pollution par les gaz à effets de serre (GES) dans nos villes. Effets désastreux sur la santé, c’est aussi le cas sur la sécurité (5 piétons par jours sont blessés (50 morts par année). Dans le marketing, l’utilisation d’une auto continue à être accrocheur auprès des consommateurs/clients. C’est la principale raison de cette proposition.

En conséquence:

• Augmentation du nombre d’automobiles dans les rues de Pointe-Saint-Charles.

• Incitation à l’utilisation de l’automobile plutôt que d’autres moyens moins polluants.

• Augmentation de la pollution et par conséquent des problèmes de santé reliés à cette pollution.

• Augmentation de l’insécurité pour les résidentEs du quartier y compris pour les nouveaux résidents.

• Dégradation des conditions de vie urbaine, particulièrement dans les rues avoisinantes au projet.

• Augmentation de la congestion automobile (Nordelec est situé sur l’accès au pont Victoria) et par conséquent accroissement des difficultés du transport par autobus pris dans les congestions (lignes 61, 107 et 57).

6. Le pouvoir de l’argent se fait sentir par la perte d’emplois pour les gens du quartier.

En concentrant les entreprises du Nordelec aux étages 2 à 5 (6-7 et 8 pour des condos) EL AD veut faire le ménage. Il profitera de cette occasion pour se débarrasser des entreprises qui offrent habituellement des emplois non spécialisés accessibles aux travailleurs et travailleuses du quartier, pour les remplacer par des entreprises spécialisées (haute technologie, architectes, etc.,). Ainsi les loyers sont déjà en hausse pour éliminer les entreprises moins rentables et pour augmenter le “standing” du bâtiment (loyers autour 24$ le p.c., plus que le centre-ville).

En conséquence:

• Les fonctions industrielles seront modifiées pour éliminer tous ce qui n’est pas rentable (emplois non spécialisé, artistes, artisans, etc.),

• Renforcera la position du Nordelec en rupture avec l’histoire économique et sociale de Pointe-Saint-Charles,

7. Le pouvoir de l’argent se fait sentir par une participation au régime d’apartheid israélien.

Ce grand promoteur immobilier cherche le profit maximum et dans cette course ils ne se préoccupent pas ou si peu des effets sur les populations. Le promoteur EL AD, filiale de la multinationale israélienne Delek Group, participe par ses liens financiers et d’affaires avec le gouvernement israélien qui pratique une politique de ségrégation systématique contre le peuple palestinien. Le pouvoir de l’argent s’insinue aussi dans la misère des peuples.